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Ultimate OffRoad Ride 2019
Mai 2019





Jour 3:

Fin de l'Aventure... Pour Moi!





    Le jour se lève, le ciel ne s'est pas dégagé, mais il ne pleut pas, c'est toujours ça de pris!
Alors tous, on se lève aussi, on enfile nos chaussons, plus ou moins confortables, le rituel du matin en bivouac déroule son tapis de déjeuners... j'enchaîne donc pour ma part les cafés!
    Hier, je déféquais en pleine nature face au soleil levant... j'adore ce petit goût de retour à la vie "non civilisée"!
Tout comme Helmut Khol d'ailleurs... l'ancien chancelier allemand, qui, bien loin de l'étiquette dont il devait se montrer digne, ne pouvait soulager ses intestins qu'en pleine nature...
Il y avait même une contine enfantine qui louait ce penchant fort sympathique: "Kohl chie que dans les prés"...
Mais aujourd'hui, c'est mouillé partout, sauf dans les toilettes sèches, alors je leur fait honneur!
    On a même droit à un petit rayon de soleil qui vient colorer le haut des collines alentours!
Il laisse présager du bon, mais ça ne dure pas...

          

    Je ne sais pas jusqu'où je pourrais suivre l'itinéraire prévu, puisqu'il me faudra penser à rejoindre les chemins et routes du retour vers la casa mia, je le précisais dans le récit précédent... bien que du coup je ne sois pas vraiment pressé de plier bagages, j'ai tout de même envie de profiter au maximum de la journée!
    Vu la distance que j'aurai à parcourir aujourd'hui, il vaut mieux que je contrôle le niveau d'huile tant que mon bidon est accessible facilement... le petit moteur du XR400 est increvable, pour peu qu'il soit correctement lubrifié!
Le niveau se contrôle à chaud, je veux m'en occuper avant d'avoir ficelé mes bagages... mais après être resté couché dans l'herbe grasse plus de deux heures hier soir, le XR refuse de démarrer ce matin...
Une bonne odeur d'essence s'échappe du pot quand je kicke... le cylindre doit être bien gavé de jus!


    Tic et Tac étaient déjà sur le départ, me voient kicker en vain...
Ils m'aident à pousser la moto jusqu'en haut de la pente qui mène au lac pour que je tente de démarrer en prise...
Après plusieurs lâchés d'embrayage, le XR n'a toujours rien voulu savoir...
Arrivé sur le plat, mes pousseurs n'abandonnent pas, et enfin, le moteur laisse entendre sa douce mélo-pêt-pêt-pêt-poum-poum-poum, roaaar-RoaaARRH!!
Certains aiment le son du cor le soir au fond des bois, moi, j'aime le son du XR le matin au bord du lac!

    Toujours pas d'appoint d'huile à faire... j'adore cette vieille machine!
Je fini de plier mes affaires, dont la tente encore couverte des averses de la veille, mais ce n'est pas grave...
Beaucoup sont déjà partis, Renato et son fils auraient dû l'être, mais un clou malicieux dissimulé dans l'herbe en a décidé autrement...
Participer à l'UOR donne des ailes, et donc, je finis par décoller!



    Après quelques centaines de mètres à peine, mon orteil gauche se rappelle à moi: depuis le courant du premier jour, il est à vif, juste au-dessus de l'ongle... humidité dans la botte, un pli dans la chaussette, trop de passages de vitesses?
Je n'en sais rien... toujours est-il que chaque contact sur le sélecteur est plutôt douloureux... cela fait deux jours que j'oublie de protéger l'orteil quand j'enfile mes bottes au matin... après, ben... faut faire avec!

    Approchant du sommet d'une colline, je suis presque dans les nuages lorsqu'il commence à bruiner...
Ah non, alors! J'attrape seulement la sur-veste de pluie, aucune envie de me les peler en roulant mouillé toute la journée!
Mais heureusement, ça ne s'intensifie ni ne dure... ouf!
Et je redémarre en prise dans la descente... il est vrai que, parfois, le kick lasse et que je pourrais apprécier d'avoir à appuyer sur un petit bouton pour démarrer...
    Mais bon...
Le kick fait partie intégrante du charme rustique de cette moto techniquement ultra simple et fiable...
Pas de démarreur, pas de batterie, pas de clé de contact, pas de refroidissement liquide... autant d'éventuels soucis de pannes et casses en moins!
Bref...

    Je poursuis mon petit bonhomme de chemin sur les petits chemins autorisés pour bonhomme motorisé...
La vache! Rouler ici en vaut la peine, même si je peine vaches et veaux, qui, comme le touriste estival sur une plage océane où les vagues abondent, vagabondent librement!
Ces hautes satisfactions, que les peines hissent, durent longtemps...
Impossible au Portugal de dire la même chose des péniches, qui elles, flottent mollement...
Sur une courte durée en plus, à cause de l'effet mer...    
    Bref encore...
Je passe ensuite sous le château de Quéribus par les pistes traversant les vignes qui l'entourent.
Comment se lasser de ces paysages magiques!

          

          

    9h43... il est temps d'enlever la sur-veste et d'en profiter pour me faire une petite pause...
Renato et fils passent... comme à chaque fois que je vois Xavier et Pierrot, je les envie: se faire un tel trip à deux bécanes avec sa progéniture, ça doit être quelque chose!
J'aurais dû procréer plus tôt; je vais être vieux quand il en aura l'âge...

    

    L'ambiance est venteuse, et j'ai plus l'impression que cela amène d'autres nuages plutôt que cela ne les disperse...
Au nord, c'est bien bouché, et c'est la direction que je prendrai lorsque je bifurquerai pour rentrer, alors que les autres continueront vers le sud...

    

    Sortant de ces pistes, j'arrive sur une belle route bitumée qui mène à Tuchan, petite ville où on peut faire le plein de carburant et de café... je m'en ferais bien un, je n'en ai eu que ma dose minimale, alors je roule pour m'y précipiter...
Merde! Je ne suis plus sur la trace... demi-tour!
    Je reviens plusieurs kilomètres en arrière et vois Kérem et un autre s'engouffrer sur une piste, je les suis à distance, ils roulent de toute façon bien plus vite que moi... j'atteins après eux le pied d'une colline.
    Mortecouille!
Demi-tour, j'ai encore loupé une bifurcation, en restant sur cette piste facile et évidente...
Je m'arrête, vérifiant mon GPS, à l'entrée d'une autre piste qui part droit dans la colline... une montée courte, soit, mais raide et glaiseuse, avec quelques bonnes pavasses pour agrémenter le tout... j'y vois Kérem relever sa moto après y avoir parcouru cinq mètres à peine... damned!
Je coupe le moteur alors qu'il est reparti, et file voir à pied à quoi ça ressemble de plus près...

    

    Bof... je ne me sens pas du tout inspiré par ce passage!
Pour plusieurs raisons...
Premièrement, je n'ai presque plus de crampons sur mon pneu arrière... la motricité ne va pas être fabuleuse dans la montée!
Deuxièmement, la piste n'a pas l'air des plus roulantes après ce passage, ça me semble bien chaotique et j'accuse une certaine fatigue après deux jours de roulage, peu de sommeil, mais surtout une condition physique déplorable...
    Tout cela passe encore, je suis capable d'en faire abstraction avant, comme l'avait fait monsieur Citroën... le plus important étant que je pense beaucoup depuis le matin à mon fiston de dix ans, que je dois absolument récupérer au plus tard en fin d'après-midi... depuis le levé, je me dis qu'il me faut aujourd'hui être encore plus prudent que je ne le suis habituellement: ce n'est vraiment pas le moment de me faire mal ou d'abîmer la moto!
Car si j'ai le moindre soucis aujourd'hui, je n'aurais matériellement plus le temps de rentrer à l'heure...
    Je n'arrive pas à me faire à l'idée de prendre le risque de me vautrer dans la montée, puis de forcer pour relever la moto dans la pente, de sauter sur le kick pour redémarrer, pour ensuite me faire secouer dans la continuité de la piste...
Je réfléchis un peu... je n'ai pas le cerveau lent, ce qui est bien dommage car le vent est idéal, alors la réflexion ne dure pas longtemps du tout: j'ai de toute façon un mauvais pressentiment et ne veux pas aller à l'encontre de mon instinct...
Ne pas le suivre m'a très souvent joué des tours désagréables; je n'ai aucune envie de vérifier si aujourd'hui j'aurais tort ou non de le faire...
    Alors... je prends la décision d'arrêter l'aventure UOR ici, au pied de cette montée...
Cela me fait chier dans un sens, mais en même temps, je me rends compte que je me sens illico soulagé et sans plus aucune pression... preuve que cette décision soit la bonne...
    Je prends la piste en sens inverse et rejoins donc la route vers Tuchan... S'il y a une station service et des terrasses de café, ce sera peut-être l'occasion de prévenir de visu les autres UORistes que je suis désormais sur le retour. Je fais deux fois le tour de la ville mais n'y croise personne du groupe...
    Alors je me pose, préviens que je rentre par message grâce au groupe WhatsApp créé pour l'UOR, graisse ma chaîne... et puis je repars, avec un petit pincement au coeur d'abandonner ainsi mes compagnons d'aventure...



    Je n'emprunte pas l'itinéraire le plus court pour rejoindre Narbonne, et me régale dans les nombreuses courbes des petites routes au milieu des collines que je traverse...
De plus, j'arrive à passer entre les gouttes des gros nuages noirs chargés de pluie qui défilent, en roulant sur du bitume complètement détrempé... mon timing est parfait!
    Je fais le plein en sortant des collines, il sera amplement suffisant pour pouvoir arriver jusque chez moi...
Je craignais de subir dans les plaines la force du vent qui s'intensifie, car il peut souffler bien fort dans le coin, mais finalement le vent ne me gêne pas vraiment et je roule non stop jusqu'après Frontignan, où je me fais une pause en prenant une piste qui monte dans les collines....
    Je me débarrasse du collier cervical et des genouillères.
Il me reste environ 220 bornes à faire, et elles sont trop inconfortables sous le pantalon en position assise prolongée...



    Une dernière pause le long d'un canal en dessous d'Arles.
Plus qu'une centaine de bornes, les 34 chevaux du XR commencent à sentir que l'écurie est proche!



    Et j'arrive enfin!
Je passe la moto et ses bagages à la douche, décharge, et puis je m'y colle aussi...
Sous la douche, pas dans la décharge!
Le lendemain, je pars faire un petit tour avec l'Africamille et le fiston...
Fatche! Que la selle est basse et large!
Quel confort!
Ce périple avec le XR me refait prendre conscience de toutes les qualités de l'Africamion!
Et puis rouler avec sa progéniture en passager, en attendant qu'un jour il ait éventuellement sa propre machine, c'est bien sympa aussi!
Dire qu'à l'heure qu'il est les autres sont en train de rejoindre Collioure, le point final de l'UOR...
Pfff...
Est-ce que mon aventure se termine à tort?
Peut-être... mais j'espère en être à nouveau l'an prochain et ne pas devoir attendre le soulèvement des machines!

Je reviendrai!!!

    


Un petit bilan?

    Cette première expérience de voyage tout terrain avec le XR chargé est plutôt très concluante!
Certes, pour une prochaine aventure, quelques ajustements seraient à prévoir...
Il me faudrait des écarteurs de sacoches pour pouvoir les fixer correctement... elles n'ont jamais été étanches, soit, mais la sacoche gauche est désormais un peu beaucoup abîmée et ne risque vraiment plus de l'être... en même temps, je m'en tape: j'y avais inséré un sac parfaitement étanche, lui...
    Faudrait aussi prendre le temps de régler l'amortisseur en fonction de ce poids supplémentaire installé à l'arrière...
Car c'était assez déconcertant à la conduite, alors que cette machine a habituellement un comportement très sain et équilibré...
    Faudrait partir avec des pneus en meilleur état... parce qu'après le retour, il ne restait plus grand chose de leurs crampons...
Mais vu le nombre de bornes sur bitume que j'ai effectué, leur longévité est cependant très bonne, surtout pour des pneus enduros!
 
              

    La plaque latérale, très souple, n'a pas cassé, et ce malgré les mauvais traitements qu'elle a subis, et a même été bien protégée par le kit déco... il a été en partie limé et une belle épaisseur de gomme s'y est déposée!
Je viens d'avoir un nouvel autocollant, peut-être vais-je le poser pour masquer la misère?
J'ai par contre un peu plus les boules pour mon bel autocollant "Interdiction de lâcher des flatulences"... non seulement il donne une classe incroyable au XR, mais surtout, c'est un souvenir: je l'avais acheté au bord d'une plage d'Algarve, au sud du Portugal, lors de mon périple pour aller voir une manche du Superbike à Portimão en 2013, dont le récit fut à l'origine de la création de mon petit site perso...
Faut que j'y retourne en chercher un autre!!
En XR?!
Par les Pistes?
Avec prise de TET?
*
Chiche!!...



Cerise sur le gâteau, la parution dans Moto Journal d'un petit résumé de l'aventure!


*TET: Trans Euro Trail
38000 km d'itinéraires GPS destinés aux trails et enduros, à travers l'Europe, du cercle artique aux portes de l'Afrique...
Trans Euro Trail

  
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