Balades de FleePee





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Ultimate OffRoad Ride 2019
Mai 2019





Jour 2:

Que l'Aventure Continue!





    Le soleil ne s'est pas levé que je le suis déjà, que la cafetière italienne a déjà bien chauffé...
J'ai envie de prendre mon deuxième café au soleil, et qu'a fait le soleil?
Attiré par les suaves effluves émanant de ma cafetière, il a enfin commencé à pointer le bout de ses rayons...


    Loin des cancans, mais dans le camp dira-t-on, tout le monde s'active, bien sûr, à lever le camp...
Dans ce site magique et la belle lumière du soleil levant, c'est avec entrain que tous se préparent.
Enfin... avec plus ou moins d'entrain; après la journée de roulage et la soirée de la veille, tous ne sont pas forcément très frais, et pas seulement parce que la température matinale est douce... personnellement, j'expliquerais une certaine langueur de mes mouvements du moment par les perturbations de mon sommeil, dues au ronflement lancinant et tout proche des deux moteurs diesel qui m'entouraient...
    La bonne nouvelle du matin, c'est que la crème contre les contusions de Jo a fait son effet pendant la nuit; je sens toujours la douleur du choc de la veille sur ma jambe mais ça ne me gêne plus du tout dans les mouvements... cool!

          

    Je réunis mes affaires éparpillées, car j'aime bien m'étaler... sauf par terre alors que je roule!
Tout remettre dans mes sacoches est un défi, chaque centimètre cube du volume potentiel de chargement a son importance!
J'ajoute une sangle pour maintenir ma sacoche gauche et éviter qu'elle continue à se faire laminer par le pneu arrière à chaque compression un peu forte... j'espère que cela sera efficace!

          

    Je finis de m'équiper, et dès que je suis prêt, ben... seul, je pars!
Dediou que ça fait du bien de rouler avec les protections auditives, des lunettes de soleil et un masque propre et sans buée!
La lumière et les longues ombres dues au soleil levant sont simplement magnifiques, je me régale alors que j'enroule tranquillou pour continuer à faire chauffer mon petit mono et mes petits muscles. De toute façon, il est rare que je roule fort...

    Une belle journée s'annonce!
J'ai l'intention de bien en profiter, puisque malheureusement je ne pourrais aller jusqu'au bout de l'aventure: je dois être de retour à Marseille le lendemain en fin d'après-midi au plus tard. Alors, je sais que je ne ferai que le début du parcours du lendemain, qu'à un moment il me faudra quitter la trace pour prendre le chemin du retour...

    Mais pour le moment, je m'en moque!
En jetant un oeil à mon GPS après une bifurcation, je me rends compte que je ne suis plus sur la trace...
Demi-tour et je repars gaiement.

          

    

    Et puis je croise une bécane...
Tiens, son pilote a fait demi-tour; il a dû oublier un truc au bivouac...
Et puis juste après, j'en croise un seconde... mais c'est normal, me dis-je: ils doivent rouler ensemble...
Et puis je reconnais le coin et m'aperçois enfin que c'est moi qui suis en train de revenir vers le bivouac!
    Fatche de con!
J'ai réussi à me planter en ne choisissant pas la bonne piste après mon demi-tour, c'était pourtant plus qu'évident... je ne suis pas bien réveillé, faut croire... re-demi-tour!
Ce n'est pas grave, car c'est tellement agréable de rouler sur ces belles pistes, le coin est si beau que ça ne me dérange pas de le revoir... bon, en même temps, si je fais tout l'itinéraire du jour deux fois, ça va finir par me prendre du temps de rejoindre le bivouac du soir!

    

    Je me plante encore de chemin juste après l'église, je m'en rends compte en recroisant les deux que j'avais croisé plus haut... re-re-demi-tour!
Et j'arrive enfin au pied du mont Alaric, où j'avais déjà eu l'occasion de poser les crampons du XR lors du Meeting ATOC des Corbières en 2015... meeting d'ailleurs aussi organisé par Bouste (et Blessdom!)...
Je suis trop content d'y revenir rouler, j'avais adoré l'endroit!
Les pistes sont faciles, il est donc possible et aisé de tourner la tête pour admirer le paysage tout en avançant...

          

     

    Ne pas oublier que l'on circule sur des pistes ouvertes à la circulation, et que donc, on peut y croiser du monde!
Véhicules légers, agricoles, forestiers, 4x4, VTT, cavaliers, randonneurs... j'aurais croisé de tout... et même, des animals!
Arrivé au sommet de l'Alaric à 8h45, c'est le moment de se faire une petite pause et de profiter de l'endroit, tout comme le fait le VTTiste courageux doublé dans la montée et qui m'a rejoint...
    Quelle vue magnifique depuis là-haut!
Surtout avec un XR dans le champ de vision, paré de sa décoration faite de belles couleurs terreuses!
Enfin... je le reconnais facilement: c'est surtout beau parce que ce XR, c'est le mien à moi de Mohamem...

     

     

    Tic et Tac arrivent avec leurs Africa Twin, puis Keker, et puis... c'est le moment de repartir!
Je roule un peu avec Tic et Tac au début de la descente de l'Alaric, puis les double.
La descente magnifique s'effectue sur une piste faite d'un épais tapis de pierrasses, avec une belle végétation qui la borde... je l'aborde donc prudemment, tout en me disant qu'il vaille mieux passer par là en descente qu'en montée, surtout avec une moto un peu lourde...
Je ne vois plus Tic et Tac derrière moi lorsque j'arrive près des plaines, et ne les reverrai que plus tard...

          




    Keker me rattrape et me double, puis fait une de ses nombreuses pauses photo...
Alors je le repasse...


    Puis c'est à moi de me faire une pause photo, sur les belles pistes ocres avant d'arriver à Lagrasse, petite ville qui n'a pourtant pas besoin de changer de régime...
Alors Keker me repasse...
Il est fréquent de se passer et de se faire repasser, du coup, on ne peut pas être froissé, surtout qu'il n'y a aucune compétition entre nous!
J'adore ces pistes ocres, le contraste des couleurs entre la piste, la végétation et le ciel est vraiment magnifique... 
Contrairement à mes roues, le ciel s'est un peu voilé, il est dommage que le soleil ne fasse pas plus péter ces couleurs!
Mais c'est un réel grand régal que d'arpenter ces pistes!

          

    Vient ensuite une longue montée, un peu cassante et qui secoue, sur plusieurs kilomètres...
A flanc de colline, à travers les bois, c'est topissime!
Tout en roulant, j'aperçois une multitude de fils d'araignée qui brillent et pendouillent verticalement depuis les branches des arbres et buissons... je les fauche allègrement tout en me disant que je dois faire partie des premiers à passer ici s'il en reste encore autant...

          

          

    Arrivé de l'autre côté, il est à peine 10h30, mais j'ai le ventre vide, alors avant de redescendre et de ne plus avoir une belle vue dégagée, autant se faire ici une petite pause casse-croûte!
Le soleil darde de nouveau ses rayons, il fait chaud... je me cale dans l'herbe, à l'ombre d'un arbre, et je jouis du panorama sur les monts enneigés en mastiquant... ce n'est pas la peine de m'apostropher sur le sujet, car il manque effectivement une apostrophe pour que vous puissiez penser que je m'adonne à l'onanisme dans cet écrin de verdure...
Tic et Tac passent et disparaissent au loin.

     
     
         

    Alors que je me prépare à repartir, arrivent Pierrot et Xavier, qui m'enlève les petites chenilles urticantes que j'ai ramassées dans la montée... c'était donc ça! Secoué comme un prunier et concentré sur ma conduite, je n'ai pas pu voir précisément ce qui pendouillait au bout des fils de soie, et que je croyais être des brindilles...
    Bien plus tard, je sens en roulant piqûres et démangeaisons dans le cou...
Je pense immédiatement aux chenilles, et qu'une a dû rester sur ma veste... Je gigote pour tenter de l'écraser entre le col et ma peau, et elle est passée dans le dos... super!

    Les paysages et les pistes s'enchaînent et sont toujours aussi magnifiques!
Au bord des pistes qui serpentent, tout comme moi, l'âne n'a qu'Honda en tête...

          

    Je me retrouve sur un bout de bitume... je surveille très régulièrement le GPS pour vérifier que je sois toujours sur le bon itinéraire...
Je me rends donc compte que j'ai loupé une bifurcation de la trace, qui partait sur la gauche, alors que pourtant je n'ai pas vu de piste tout en roulant... et puis à ce moment-là, ça ne me dérangeait pas de faire quelques bornes sur le bitume, en enroulant tranquillement...
    Demi-tour... je m'arrête à l'endroit où je vois la trace bifurquer... il n'y a pas vraiment de piste qui parte de la route, mais un peu plus loin, je vois une dalle rocheuse en descente avec quelques marches, une piste herbeuse semble la prolonger...
Je zoome sur l'affichage du GPS...
Ah bon? C'est par là qu'il faut passer?
Soit... je m'y engage donc...
Mais c'est finalement très sympa: une jolie piste de terre en sous-bois qui passe au pied des collines.
 
          

    Mais avec aussi quelques ornières, dont certaines boueuses et remplies de flotte...
J'en passe plusieurs, et après l'une d'elles, je veux sortir de l'ornière pour rouler au-dessus, au milieu de la piste...
La roue avant y passe, mais l'arrière ne veut pas monter, je pars en crabe... au lieu de donner un coup de gaz, je les coupe, perds l'équilibre, veux poser le pied au sol... mais le sol est très beaucoup trop bas côté ornière!
Poum!
Moto par terre... et merde!



    Je la relève péniblement, à cause du poids haut perché et de l'absence de prise sur la moto, redémarre en kickant sans soucis, mais je me fais une bonne montée en température!
Zou! C'est reparti!
Je retombe sur une belle zone de terres ocres, à la sortie de laquelle Etienne me rattrape...

     

          

    Il me dit que ma sacoche bouge encore beaucoup.  (ou était-ce plus tôt?)
Une sangle, qui faisait une boucle autour, s'en est dégagée. Au bout du deuxième jour, je pense avoir enfin réussi à fixer correctement cette sacoche sur le XR, sans qu'elle puisse se faire laminer...
    On roule ensemble jusqu'à une petite ville.
Je commence à bien sentir la fatigue, mais je n'ai pas faim après ma pause casse-croûte, et me contente d'un jus d'orange en terrasse.
Je préfère repartir rapidement plutôt que de m'éterniser ici et trop prendre plaisir à me reposer, me disant qu'Etienne finira bien par me rejoindre...
    Je traverse un village et fais le plein d'eau à un lavoir.
Il est soûlant de voir que les sources d'eau sont partout déclarées non potables, uniquement parce qu'elles ne sont pas contrôlées! Ou alors, c'est le lobby des embouteilleurs d'eaux minérales qui finance les panneaux... rien ne peut me surprendre... je pisse près de la rivière en contrebas pour leur donner raison...
    Après cette petite pause, je change de paysage, ça se fait plus montagneux que méditerranéen...
Et le ciel s'est de nouveau bien couvert...

     

          

    J'adapte mon rythme pour faire le touriste et gaver ma vue de ces belles images.
Je m'engage sur une piste, en me demandant où je vais bien pouvoir atterrir... c'est tout l'inconvénient de rouler seul vers l'inconnu: si on se retrouve sur un passage délicat, on sera seul pour s'en sortir...
    Mais à la sortie de ce petit bout de piste entre les arbres, je reconnais les grands pâturages où j'ai déjà roulé, mais sous la flotte et avec l'Africamille lors de l'UOR 2017. Une clairière immense coincée au milieu des collines boisées.
J'arrive à une barrière, je laisse le moteur tourner pour l'ouvrir, fais passer la moto, referme...
Je me sens bien cuit et j'ai du mal à lever haut la jambe pour enfourcher le XR, puis pour le remettre à la verticale puisque ma béquille s'est un peu enfoncée dans le sol, replier cette béquille et repartir... je sens que je continue vraiment à fatiguer... damned!

          

          


        Je suis plus habitué à la caillasse qu'à la terre ou la boue, et depuis mon dernier "posé de moto", déjà que je n'aime pas rouler dedans, je me méfie encore plus des ornières de la piste... sans oser prendre trop de vitesse, je passe de l'une à l'autre alors que je veux rouler au centre, et puis bien sûr, ma roue avant ripe en remontant une petite ornière de terre durcie et je me vautre encore une fois comme une merde!
    Moto relevée, je constate que mon support de GPS pendouille au bout de son câble d'alimentation!
J'ai cassé le bras de la fixation RAM Mount de mon GPS... certainement en venant m'appuyer contre la bécane pour terminer de la redresser...

    

    Mais je réussi à remettre le GPS en place, et heureusement, il a l'air de bien tenir. Je l'assure tout de même au guidon avec un bout de câble électrique que j'ai dans ma sacoche à outils, au cas où... pas envie de le perdre en roulant... ni de me perdre si je dois rouler sans!
    Bon...
Je vais prolonger la pause, et en profiter pour essayer de prendre en photo les éventuels arrivées d'autres participants.
14h30... Pierrot et Xavier pointent au loin, mais j'ai oublié de rallumer mon tél: je croyais hier recharger en roulant ma batterie d'appoint, mais l'unique câble que j'utilise pour elle ou mon téléphone a rendu l'âme; il n'a certainement pas aimé les secousses... alors je limite l'utilisation de mon tél... un autre petit déboire!
Je parviens cependant à immortaliser Xavier alors qu'il s'approche...



    J'ai un peu récupéré de l'énergie, alors j'enchaîne... c'est toujours aussi beau!
Paysage bien gras et très vert, pour le moment ça tient, mais je me demande quand est-ce que je vais finir par me prendre une averse...



          

    16h20.
J'arrive sur un plateau un peu en altitude par une très belle piste et me fais une ultime pause, pour re-souffler et prendre quelques calories...
C'est de plus en plus couvert, mais très paisible!
Personne ne se pointe pendant la durée de ma pause, mais, par désir d'émulation et de sécurité, j'aurais volontiers roulé avec quelqu'un...

         

    Je me retrouve ensuite sur une piste au milieu des bois, pleine de bouillasse.
J'arrive à une clôture fermée, la piste y est en dévers et pente descendante, bien labourée par des sabots de vaches, et est bien boueuse... mais elle est aussi bien bouseuse, si j'en crois l'odeur que je perçois... je béquille la moto dans le dévers et préfère en descendre côté droit... mon pied droit glisse en contrebas dans la fange, ma jambe gauche se pose sur la selle et entraîne la bécane avec elle...
Plotch!
Troisième couché de moto de la journée!
C'est con, la batterie de ma cam est à plat, mon tél éteint, je n'en ai donc pas d'image...
La relever dans le dévers et la boue qui glisse ne fut toujours pas plus facile que les autres fois... mais au moins, je ne me suis pas vautré dans la bouse...
L'avantage de la pente, c'est que je m'y laisse glisser et redémarre le moteur en étant en prise!

    19h30, j'arrive dans un petit village, je demande où prendre de l'eau et on m'indique une source.
Passent Tic et Tac qui me disent que l'épicerie plus loin est encore ouverte.
Je fais d'abord le plein d'eau et retrouve Etienne sur le parking de l'épicerie, que la patronne a très gentiment maintenue ouverte pour nous... je me demande comment on ne s'est pas recroisé avec Etienne...
Emplettes faites, il ne reste plus qu'environ 15 bornes pour arriver au bivouac... comme il me tarde; je suis rincé!



    20h28, Etienne et moi arrivons au bivouac!
Un très bel endroit, que le maire de la commune a débroussaillé avant notre venue...
C'est pas beau, ça?!
C'est vraiment top d'avoir fait ce geste pour nous accueillir au mieux!

          

    Cinq minutes à peine après être arrivé, et il commence à pleuvoir... fort!
Sinon ce n'est pas drôle, car bien que déjà rincé, je commence à me faire rincer...
J'enfile la sur-veste de pluie et mets à l'abri veste, gilet, casque et sac dans le petit cabanon de 6m2 qui borde le petit lac...
On essaie de prendre l'apéro dehors, mais ce n'est pas facile... des averses plus intenses nous poussent à chaque fois à nous réfugier dans le cabanon...
Heureusement, Jo a un gros parapluie... vous me direz qu'il y en a qui semblent se moquer de la pluie... rien de plus normal; ce sont deux hollandais, et un écossais habitué aux douches écossaises!

     

    Il y en a qui ne sont pas encore arrivés et qui roulent donc en ce moment sous la pluie...
Je les plains, en espérant que tout aille bien par ailleurs... pour le moment, seul Michel a dû abandonner sur casse de radiateur, et Luc s'en ait pris une bonne ce matin en descendant de l'Alaric, mais sans se faire trop mal ni endommager sa machine, et il a pu continuer à rouler... en moto et sur les pistes, tout peut aller très vite...
Les derniers débarquent enfin à 21h25, la nuit est tombée...
Ouf!
Tout va bien!
Mis à part la flotte, bien sûr!

     

    Il y a une accalmie de pluie qui mouille, alors je saute sur l'occasion!
Et je fais bien... j'ai à peine le temps de monter la tente et de me changer, la flotte se remettant à bien tomber alors que je rapatrie mes affaires depuis le cabanon...
Tenter de faire des grillades sous la pluie, c'est encore moins idéal que d'y prendre l'apéro...
Mais on ne se laisse pas abattre... on se serre un peu dans l'abri... et on se sert aussi!
L'espace et les liens se resserrent... il n'y a pas de dessert, alors on se ressert!


    Mais au bout d'un moment, la fatigue de la journée se rappelle à moi...
J'ai le dos en compote, la faute à une cyphose, et si je ne peux pas au moins m'asseoir, faut que je me couche!
Vu l'humidité ambiante, le plus appréciable ne sera pas de le faire dans l'herbe, mais dans ma tente...
Lorsque je m'y décide, et, alors que je marche à la lueur de ma lampe frontale, je vois ma bécane à terre...
Cela doit faire un moment qu'elle y est... le pied trop fin et abîmé de la béquille s'est complètement enfoncé dans la terre gorgée d'eau...
Une canette en fer que me passe Keker glissée sous la béquille solutionne la chose...

Hop! Au lit!
    Un court laps de temps plus tard, je me réveille et il ne pleut plus... alors pour compenser je sors arroser le terrain grâce à ma réserve interne de liquide. J'avais oublié de la laisser dehors avant de me déshabiller...
Au loin, je vois le feu prévu pour le barbecue ravivé, et il me semble bien distinguer une silhouette...
J'apprendrai au matin que c'est Etienne qui se faisait sécher devant les flammes pour pouvoir ensuite réussir à dormir habillé dans le cabanon...

En attendant, je retourne écraser, j'en ai besoin!...


        
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