Balades de FleePee

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Ultimate OffRoad Ride 2019
Mai 2019





Jour 1:

Que l'Aventure Commence!




    Il a encore plu pendant la nuit...
Ne pas venir avec l'Africa chaussée de pneus mixtes a donc été une sage décision: le terrain risque d'être très gras!
J'ai plutôt mal dormi... non pas à cause du bruit des gouttes de pluie venant battre ma toile, mais bien à cause de ce con de piaf insomniaque, qui a décidé de vocaliser toute la nuit, seulement à quelques mètres de ma tête, niché au coeur de Brigitte...

    Brigitte... vous savez?
C'est comme ça qu'elle s'appelle, la haie. La haie n'est plus très bien taillée et est restée naturelle, cela doit faire longtemps que personne ne s'est sérieusement occupé d'elle, alors qu'elle peut tout de même continuer de donner de belles gaules et de solides verges...
    Alors certes, ce piaf exprime très joliment son humeur en chantant au coeur de l'espace sain où nous nichons, mais il l'a fait toute cette putain de nuit, nom de Dieu de bordel de merde!
Ce fut bien le seul volatile à l'avoir fait, d'ailleurs... il n'y a pourtant pas d'éclairage nocturne propice à lui faire croire que la nuit, c'est le jour... dans son pied-à-terre pourtant en hauteur, c'est là certainement un piaf caféïnomane ou célibataire, qui déblaterre à qui veut l'entendre qu'il ne peut se détendre et taire son célibat avant qu'on ne l'enterre...
    Et à chaque fois que je me réveillais, c'était pour constater que j'étais sujet à des aigreurs d'estomac... ou des remontées acides, je ne sais pas... un truc désagréable en tout cas, propre à faire penser que l'aligot était trop riche pour moi, pauvre nigaud...
Bref...

    5h45... je suis réveillé depuis quelque minutes... c'est l'heure de commencer à m'envoyer des cafés!
Au moins trois... car non, je n'ai pas changé... ma cafetière italienne fait toujours partie des indispensables à tout bivouac confortable qui se respecte! Procurant réveil et début de journée parfaits, tout en douceur, avec défécation rapide en prime.
Eléments fortement nécessaires à ma bonne humeur matinale...
Que demande le peuple?!

    - "Café faits, fais caca!"


    Cela sonne effectivement comme un slogan à scander à haute teneur revendicative...
Mais je ne vais pas me lancer dans un déballage d'idées politiques ici, c'est matière à ne pas avancer dans mon propos.
Car c'est bien connu: cette matière fait cale... nul besoin de pousser plus, le blocage est toujours merdeux et on en sort pas plus avancé... surtout quand on n'a pas ses papiers!
Bref encore...

   Lentement mais sans tarder, tous s'éveillent, se déplient et veillent à plier et lever le camp, avant de foutre le camp... ce qui semble assez paradoxal, même si cela se fait gentiment.
Et c'est bien sûr au moment où il ne me reste qu'à plier la tente qu'il se remet à bien pleuvoir!
J'enfile ma tenue de pluie, roule au sol ma toile chargée d'eau, la fixe sur la moto, fais chauffer le moteur et enfile mes gants encore mouillés de la veille...

   

         

    En route pour la traditionnelle boulangerie millavoise de début de parcours!
Histoire de prendre un petit déjeuner pour ceux qui voyagent léger, d'autant plus qu'ils ont peut-être le ventre vide...
J'y rejoins Bouste et Toukbal, partis un peu plus tôt, avec qui je vais commencer à rouler aujourd'hui.

    

    Et puis ensuite, direction le point de vue sur le viaduc!
L'ambiance est fraîche, humide et venteuse; je préfère garder ma tenue de pluie fort peu seyante, mais très efficace...
Le panorama est toujours aussi grandiose, même si je le préférais sans le viaduc, dont je ne nie cependant pas l'utilité...
Cela vaut le détour!
D'ailleurs même un vautour fait le détour pour y faire un petit tour, tourne autour de nous pour profiter de la vue alentour...



          

    
    On est reparti sur les pistes...
Arrivés à l'entrée du fameux tunnel, à la sortie duquel se trouve une petite montée rigolote et propice à la mise en jambes en ce tout début de parcours, Toukbal et moi décidons de se la faire petits joueurs et de court-circuiter ce passage plein d'humour par la triste nationale à double voies sous laquelle passe le tunnel en question...

    
(UOR 2017)

    On attend Bouste un peu plus loin, à l'endroit où la trace recoupe la dite nationale...
On attend un peu; Bouste a fait un "coucher de moto" dans la montée, et nous dit en nous rejoignant en avoir chié pour la relever et repartir...
Désolé de ne pas avoir été là pour filer la main!

    Dans le même temps, Michel glisse dans une ornière et chute, je ne sais pas trop comment cela s'est passé, il s'est plus étendu par terre que sur le sujet...
Le soucis, c'est qu'il a percé un radiateur de sa machine!
Les tentatives pour solutionner le problème sont vaines, et il doit se résoudre à abandonner, après seulement quelques kilomètres de parcours!
Retour au camping pour remettre sa moto sur remorque, et prendre le chemin du retour vers ses pénates...
On a tous bien les boules pour lui quand on l'apprend...

         

         

    Nous, pendant ce temps, on avance...
On rattrape d'autres groupes, se fait rattraper, se croise et se recroise au fil des paysages qui défilent...
Les panoramas comme les terrains sont très variés...
Que c'est bon!

         

    

        

    

    Il y a bien sûr quelques anecdotes à narrer!
J'ai réussi à me faire (un peu) mal en ce début de matinée... je ne me suis pas encore habitué au comportement déconcertant du XR chargé... c'est d'ailleurs pour ça que cela ne m'avait pas déplu de zapper le passage dans le tunnel et la montée qui s'en suit.
    Alors que je roule derrière Bouste, on arrive près d'une bonne petite grimpette, mélangeant grosses pierres et terre... rien de très difficile en soi, mais bon... je temporise un peu pour le laisser monter et ne pas le suivre de trop près... mais pas suffisamment...
    Il balaie de sa roue arrière la piste en montant, et je coupe les gaz complètement... du coup, je n'ai plus assez d'élan quand j'aborde la montée, et peut-être suis-je trop occupé à le regarder passer et pas assez concentré sur ce que j'ai à faire et sur où je vais poser mes pneus...
    Essayant de reprendre de la vitesse, je ne maîtrise plus ma trajectoire et viens buter dans une grosse pierre que je voulais justement éviter... avec tout le poids à l'arrière, ma bécane se cabre et part en travers de la piste, en sort. Je tombe lourdement en contrebas, pile-poil entre deux arbustes, mais sur un rocher, heureusement lisse et sans arête saillante... car le haut de mon fémur vient constater toute la dureté de la pierre dont on fait murs parfois... mon short sous le pantalon protège hanche et fémur, mais bien sûr, l'impact est pile entre les deux zones de protection... ouille!



    Je crache mes clopes à essayer de relever le XR... heureusement que Bouste et Toukbal sont venus me filer la main pour le faire et le remettre sur la piste... quelques coups de kick au décompresseur et gaz ouverts pour ventiler le moteur et gaver le carbu, un bon coup de jarret... ouille! La jambe... j'appréhendais un peu, mais le XR redémarre nickel, après pourtant s'être retrouvé tête en bas et que le carbu se soit vidé. J'espère ne pas déguster à chaque fois que j'aurais besoin de démarrer...
Mais cependant, l'avantage d'un petit mono refroidi par air, c'est que je ne risque pas de casser un radiateur!

    Quelques kilomètres plus loin, à la faveur d'une vidange sauvage en pleine nature (vidange  de vessie, je vous rassure...), je constate avant de repartir qu'une de mes sangles, roulée et bloquée sous ma tente, s'est fait la malle grâce aux secousses, et a commencé à s'enrouler autour du pignon de sortie de boîte... mais cela ne devait pas faire longtemps, puisque je la dégage facilement en faisant reculer la bécane... ça aurait pu être chiant! Et dangereux!

    Mais à part ça, tout roule!
Le fort vent commence même à chasser et disperser les nuages, c'est cool!

    

    Surtout qu'on arrive sur les rives du lac du Salagou et ses pistes de terres ocres...
Quand en plus les rayons du soleil viennent éclairer tout ça, le coin est encore plus magnifique!
On se fait une petite pause café après avoir longé le lac... les gants ont séché en roulant, et je me débarrasse enfin de ma tenue de pluie, qui me servait encore de coupe-vent...

         

    Peu après, Bouste et Toukbal veulent zapper une partie de la trace, qui passe par la route des crêtes et qu'ils connaissent par coeur... mais moi pas! Alors je poursuis, seul sur la piste, jusqu'à ce que je rattrape Tic et Tac et leurs Africa Twin...
On se régale!



         

          

    Uns fois au sommet, j'attends Tic et Tac à l'endroit qu'on voit sur la dernière photo...
Le temps passe et je ne les vois pas arriver, alors je redescends...
Je retombe sur eux plus bas. Tic, ou Tac, a un soucis avec une de ses sacoches cavalières, sur laquelle il est en train d'ajouter une sangle, et qui a du mal à encaisser le poids de son chargement et les mauvais traitements auxquels elle a eu droit sur les pistes. Je les laisse gérer et poursuis.
    Juste après, je croise Etienne... un de nous deux ne va pas dans la bonne direction, et je sais que ce n'est pas moi!
On roulera ensemble jusqu'au bivouac du soir, sans encombre...
Mis à part, alors qu'on était arrivé sur une petite route bitumée, quand je suis entré trop fort dans un virage... j'ai bloqué la roue arrière par trois fois, à chaque fois que je reposais le pied sur la pédale de frein... malgré le poids de mon chargement, la roue arrière devait trop se délester. Je suis sorti de la route pour aller escalader un peu le talus... je me voyais déjà par terre, mais je n'ai été que bien secoué et ai pu rejoindre le bas-côté sans chuter...
Et ce n'était pas de ma faute: je crois que c'était le XR qui crachait sur le bitume et voulait continuer à tâter de la caillasse et de la terre!...
Bon... force est de constater que je fatigue... faudrait que je rêvasse un peu moins sur les paysages et me concentre un peu plus sur ma conduite!
    Il faut dire aussi que je me sens complètement ivre...
Ivre de bruit, et pour de bon! Pas du tout celui qui émane de ma bécane: le niveau sonore du vent qui s'engouffre dans mon casque me soûle littéralement!
Je roule toujours avec des protections auditives, mais aujourd'hui, je ne les ai jamais mises... j'aurais dû!

    Tout au long du reste du parcours, on se délecte de pistes très roulantes dans des paysages toujours aussi sublimes!
Etienne, qui roule très proprement, montre aussi des signes de fatigue en opérant quelques freinages approximatifs, ce qui me fait un peu peur, mais me rassure aussi dans le même temps...
Il n'y a pas que moi!

          

          

     

          

    On termine par un petit passage dans un petit magasin du dernier petit village du pas petit parcours de cette pas petite première journée de l'UOR, afin d'acheter un petit peu de quoi manger pour le soir... l'essentiel de mon budget étant dévolu au carburant, faire des achats me mets dans l'embarras, mais faut bien tout de même que je me sustente, au moins un petit peu beaucoup, même avec un petit appétit! 
Et, petit à petit, après quelques petits kilomètres de pas petites pistes plus tard, on arrive enfin sur les lieux du petit bivouac!

          

     

    Et les baguettes sont toujours sur la moto!
Il n'y a plus qu'à se mette à l'aise et monter le camp...
J'huile ma chaîne de transmission avec l'aide de l'ami Jo, venu nous rejoindre en 4x4 pour bivouaquer ce soir, et vérifie mon niveau d'huile. Il est parfait, pas une goutte d'appoint à faire... j'appréhendais un peu, puisque que je n'avais pu le vérifier ni hier soir, ni ce matin. Tout ça à cause de cette satanée pluie qui mouille qu'en bon marseillais je déteste, et qui m'a fait zapper la base d'un voyage serein: avoir une bécane en bon ordre de marche!
Je me change et étale mes affaires pour qu'elles sèchent un peu de ma sueur.
Je monte la tente. Toute l'eau accumulée ce matin sur la toile extérieure quand je l'ai pliée sous la pluie est passée dans la toile intérieure... je commence donc par éponger un bon demi-litre d'eau et laisse la tente ouverte des deux côtés pour que cela ventile un peu et sèche avant de pouvoir y déposer mes affaires et couchage...

          

    Je fais un tour de la moto.
Ma sacoche gauche n'a pas beaucoup aimé sa journée: à chaque compression de l'amorto, lors du passage notamment des nombreuses cunettes traversées, j'entendais à l'arrière un bruit de frottement... la plaque latérale souple se plie sous le poids de la sacoche, qui se retrouve alors se faire laminer par le pneu, tout comme une sangle qui la maintient... va falloir que demain je fasse en sorte qu'elle bascule moins, sinon ça risque d'attaquer le sac étanche que je place dans la sacoche, mais aussi, de couper la sangle qui participe à son arrimage, ce qui peut être plus chiant encore...

    Petit à petit, tous les participants de l'aventure arrivent et s'installent...
La future mariée, qui a abusée de remontants alcoolisés, commence elle aussi à s'installer...
Euh... non... ce n'est pas ça...
La promise, cuitée, commence elle aussi à s'installer...
Ah merde! décidément, je n'arrive pas à trouver la bonne formulation!
Certainement parce que ce n'est pas vrai: non, la promiscuité ne commence pas à s'installer... car on parle de promiscuité quand on veut exprimer l'aspect désagréable du voisinage. Et pour l'heure, étant en plein air et soumis à une petite brise, non seulement je ne sens pas les odeurs des bottes faisandées de mes compagnons, mais en plus je n'entends pas encore leurs éventuels ronflements nocturnes...
Pas encore...



             

        C'est le moment de se détendre...
Grâce à Jo, à qui j'ai raconté ma chute du matin, j'ai pu tartiner ma peau de crème anti contusion... je n'ai pas de bleu, mais je grimace toujours autant selon les mouvements de ma jambe droite...
Assis, debout, couchés dans l'herbe, face au splendide panorama qui s'offre à nous, sirotant une boisson gazeuse fermentée, dans le calme et le silence relatifs du coin... ben oui, tout est relatif: une vingtaine de bonhommes qui ont eu le bruit du vent dans la tronche toute la journée, même si tu les mets dans un coin tranquille, ça peut parler fort!
    Comme quoi, et ce même pour les forts sous le vent, la fatigue induite par l'effort soûlant fait parler fort, souvent!
Cette dernière phrase n'a en vérité aucun sens, mais est-ce que je dois vraiment me préoccuper du sens?
Et de toute façon, même le sens crit, surtout dans la civilisation brahmanique, alors bon...

    

    

        Mais une fois le soleil couché, alors que ne luisent plus au loin que les lumières de la civilisation et de leurs éoliennes, il est l'heure de se réfugier dans le refuge!
Car tout comme pour un criminel confondu, je vous avoue à vous que ça soulage, de se mettre à table!
Un autre très bon moment de la journée!
Le temps et les bouteilles de vins s'écoulent et c'est cool!

    Je dis ça, mais j'avoue aussi que j'aurais aimé, à tout point de vue, pouvoir participer plus à la soirée...
Je ne pouvais pas.
Cela n'a pas du tout été un bon moment de ma journé...
Si je dois un peu me livrer ici, car j'y exprime fidèlement comment j'ai vécu les choses, je ne peux qu'aussi livrer le malaise que j'ai alors éprouvé: je n'avais rien à partager avec le groupe... rien, à part ce malaise... ça m'a désolé, mais c'est ainsi...j'ai essayé, me suis dit que j'allais réussir à passer outre et finir par au moins partager de la bonne humeur, mais en vain; je n'en avais pas trop en stock... j'ai donc préféré m'éclipser relativement tôt pour aller me coucher...
La peste soit de la misère!
Dodo... ça ira mieux demain...
    
        

        
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