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Ultimate Off-Road Ride 2019
Du 8 au 11 Mai 2019...







L'Ultimate Off-Road Ride, qu'est-ce que c'est-y donc?!
    Pour ceux qui ne le sauraient pas déjà, je réponds: une bonne grosse virée parcourant pas mal de pistes, en trails et autonomie complète, avec comme point de départ un camping proche de Millau, Collioure en point d'arrivée, 4 jours et 4 bivouacs plus tard, 1200 bornes à parcourir cette année, le tout en faisant une petite boucle en Espagne...
    Autonomie complète et bivouacs, cela signifie que chacun se démerde pour trimbaler bouffe et eau, le matériel pour camper,les outils, etc...


Préambule...

    Je n'étais encore une fois pas censé participer à l'UOR...
Je n'avais pas pu être présent à l'édition 2018, puisque je bossais... cette année, je ne bosse pas, mais justement, je n'ai pas non plus les finances pour y participer... Mais, fatche de con, qu'est-ce que j'en ai envie!
En plus Bouste, à l'initiative de cette belle aventure, a pensé à moi et m'a proposé d'y participer...

    Oh putain de bordel de merde, qu'est-ce que j'en ai envie!
J'attends, histoire de voir si je rentre du fric, et si je peux donc, en plus de remplir mon réfrigérateur, acheter un train de pneu pour mon Africa Twin...
Bon...finalement, non, ce n'est pas possible...
    Et si j'y allais avec mes pneus mixtes? (Continental TKC70)
Ah oui, mais faut vraiment pas que ce soit gras, sinon je serais par terre tout le temps, ou planté au milieu d'une flaque de boue, sans aucune motricité...
    Bof... pas très engageant comme perspective avec une machine de plus de 250kg, sans compter le chargement...
Parce que je l'ai souvent vérifié, ces pneus n'aiment pas du tout la boue!

    Le 30 janvier dernier, alors que je voulais faire une photo au coucher de soleil qui s'annonçait prometteur sur un spot où je me rends régulièrement avec le 400XR, une petite marre de boue à peine liquide de 5,83m environ se trouve sur mon passage...
Je m'assoie, y passe en première avec les deux pieds sortis, et... plotch!
Par terre comme une bouse...
    L'avant a glissé comme sur du verglas et le guidon est parti en butée.
Bien sûr, avec de l'élan, je serais peut-être passé facile... mais là, moi je suis resté sur mes pattes, alors qu'avec plus de vitesse, n'importe quoi peut arriver... seul, en hiver, dans un endroit désert éloigné de toute route et sans aucun passage jusqu'au week-end, à la tombée de la nuit, je ne tente pas le diable...
Ceci dit, j'aime beaucoup la photo que j'ai faite après avoir relevé le mastodonte...

   

    - "Mais, dis moi, tu as aussi le XR400, qui lui est cramponné...", me dis-je...
    - "Oui, mais je n'ai jamais roulé avec des bagages en tout terrain avec cette bécane... et puis aussi, le réservoir du kit Aloop ne contient que 7,3 litres et offre bien trop peu d'autonomie sur un tel trip!", me réponds-je...
    - "Et ben, bouge-toi le cul et teste déjà si tu peux poser tes vieilles sacoches cavalières sur le 400! Et puis ce serait la bonne occasion  de monter enfin ton réservoir de 22 litres!", rétorque-je, avec beaucoup d'aplomb...
    - "Bon, d'accord... mais fais bien attention quand même à comment je me parle...", conclue-je.



    Ok, question bagages, ça pourrait éventuellement le faire...
Je récupère le gros réservoir et la selle d'origine à la cave...



    Vendu avec d'autres pièces détachées à l'achat de la machine, j'avais essayé de le monter, mais en vain... comme j'avais fait l'erreur de retirer pour le stocker ses pattes de fixation, bidouillées de manière très artisanale, je n'avais pas eu la patience requise pour réussir à les repositionner correctement sur le réservoir par la suite...
J'avais voulu fabriquer des pattes parfaites, mais vu mon outillage et l'absence d'établi pour être posé pour le faire, j'avais fini par abandonner, surtout que je n'en avais alors nul besoin...
    Mais aujourd'hui, je suis bien motivé pour prendre le temps de repositionner correctement les pattes hibulaires en ma possession, et je rince avant tout à l'essence le bidon sec.

    Patiemment, j'arrive à trouver le bon positionnement des pattes.
Je serre les pattes, sans selle, ni huile... l'assiette ne semble pas être modifiée, et même... ça a l'air bon!
Je change les durites reliant le bidon au carburateur, vire le filtre à essence démontable que je viens de réinstaller et dont j'ai connement pincé le joint un jour où je l'avais démonté "pour voir comment que c'est dedans", et qui du coup, suinte un peu... et merde!
    Cela ne me plaît pas trop de rouler sans filtre avec un vieux réservoir que je ne connais pas, mais faire cramer la bécane, cela me plairait encore moins... j'espère que les tamis des robinets suffiront si le réservoir n'est pas des plus propres!
Mais ça commence néanmoins à ressembler à quelque chose!

   

    Je fixe les sacoches avec tendeurs et sangles, grâce notamment aux boucles d'arrimage que j'avais installées sur la boucle arrière du cadre, pose au kazoo une épaisseur de gros cuir entre le pot et la plaque latérale pour protéger la sacoche droite.

             
     
    Je fais le plein et pars faire un tour dans le quartier pour tester tout ça.
En montant et descendant des trottoirs, prenant les ralentisseurs pour des tremplins... ça a l'air d'aller, sauf que je me fais asperger de liquide...

    Oups!
Le bouchon de réservoir n'est pas étanche!
Je l'enlève... le joint du bouchon est manquant!
Et bien sûr, le bouchon de l'autre réservoir n'est pas compatible...
Alors, découpe d'un joint dans une chambre à air renforcée...
Après testage, ça fonctionne très bien...

   

        Budget total de préparation: 0€...
Enfin, presque... j'achète un collier métallique pour fixer sûrement la pièce de cuir sur le pot, et un bidon d'un litre d'huile moteur pour faire des appoints éventuels...  mais je ne peux pas plus!
J'installe le GPS et vérifie qu'il soit toujours bien alimenté, de même pour ma prise allume-cigare.
Quelques stickers sortis du stock habillent ce réservoir tout triste et parachèvent cette préparation fabuleuse et efficace!

    Dans les sacoches, je ne transporte que le matos de bivouac.
Sur la selle, je pose un sac étanche, avec quelques fringues, 2 chambres à air renforcées, des démontes-pneus, la trousse de premiers secours, etc...
    Mais après un petit test routier sur 20 bornes pour aller récupérer la caméra que Jean-Ba me prête, ça ne le fait pas du tout!
Le sac me gêne, même en étant assis... et debout, je n'ai plus la place de reculer; dès que je me baisse, je suis posé sur le sac... je vire de mes bagages tout ce qui pourrait être superflu, mes quelques fringues remplacent la tente, qui passe de la sacoche gauche à en travers de la selle, et va molto bene cosi!
    Mon pneu arrière est à mi-usure, j'en ai un autre dans le même état, j'hésite à le charger... je me demande ce qu'il restera de mes crampons après avoir roulé sur du bitume jusqu'à Millau... mais bon... je n'hésite pas trop longtemps: à la vue des prévisions météorologiques, je ne me vois pas le monter sous la pluie en arrivant, et je ne vais pas me charger plus, alors tant pis, je verrai bien l'état du pneu en arrivant... et ferai avec!

   

    J'espère que je n'aurais pas besoin des chambres à air ni de la trousse de secours en cours de route... faire l'impasse là-dessus n'est pas très recommandé sur l'UOR!
Même si ce n'est pas pour soi-même qu'on les sort, cela peut toujours aider un infortuné compagnon d'aventure...
Jusqu'au dernier moment, je n'étais de toute façon vraiment pas certain de partir, hésitant entre raison et déraison... mais je voulais au moins être prêt à le faire avant de me décider une bonne fois pour toute!
    La seule chose qui était certaine, c'est que j'avais besoin de prendre un bon gros bol d'air... j'ai une dérogation pour venir avec ma petite bécane, Bouste m'invite pour le camping et le repas du premier soir, et on m'a gentiment proposé de me prêter un peu de fric pour que je puisse participer à l'aventure, alors...

ZOU!
C'est décidé, je pars!



    11h25, je prends la route!
90 km/h sur les autoroutes et voies rapides, 80 km/h ailleurs... l'allure est parfaite pour les rares points restant de mon permis de conduire, et le régime moteur est parfait pour ménager ma monture et aller loin... à 13h, je prends une piste qui longe un canal entre Arles et Nîmes pour m'y faire une pause, avec un vent assez fort et de la bruine qui se met à tomber... pas cool!
Mais du coup, je découvre sur ma selle un passager pour me tenir compagnie...

    

    La bruine devint pluie, alors que Léonard de Vinci, et j'ai donc enfilé sur-veste et pantalon de pluie avant de poursuivre.
13h45, j'ai faim et mes mains sont glacées dans les gants détrempés... alors, je fais une pause dans une boulangerie à la sortie de Nîmes, en direction de Saint-Hyppolyte-du-fort.


    Je voulais juste boire le café ici, mais vu la flotte, je mange finalement mon dwich au sec tout en gardant un oeil sur ma bécane... et un gars commence à tourner autour, admiratif et l'oeil brillant, ce que je comprend tout à fait... et ça m'amuse!
Vu que je suis le seul client ruisselant de pluie, avec un casque posé sur sa table, il vient me brancher...
Comme quoi elle est trop belle, et où tu vas, et que c'est trop bon, et que je reviens du Maroc avec mon 400XR, et est-ce que je peux prendre ta moto en photo?
C'est toujours marrant de constater le capital sympathie qu'a cette petite bécane...
La mienne fête ses 21 ans cette année...

    15h40, je m'isole sur une petite route pour me refaire une pause...
Je me suis pris une bonne saucée depuis avant Nîmes, j'ai aussi traversé les nuages, et comme j'ai apparemment mal remonté mon masque après le nettoyage de l'écran, j'ai de l'eau qui s'y infiltre... il est plein de gouttes d'eau à l'extérieur, de buée à l'intérieur, avec en plus deux petites flaques qui y vibrent et gigotent, juste sous mes yeux...
Et puis aussi, c'est la première fois que je charge autant de bagages sur cette moto... tout le poids est à l'arrière, je n'ai pas pris le temps de toucher aux réglages de la suspension Öhlins et je sens l'avant tout léger et tout flou, ce n'est pas facile de m'y habituer... j'ai l'impression d'avoir un point de pivot au milieu du cadre, et qu'il se vrille à chaque fois que j'accélère dans une courbe...
    C'est pour tout ça que j'ai besoin de souffler avant de recommencer à me concentrer à rouler avec une visibilité aussi médiocre et un comportement de la moto aussi déstabilisant!
Et puis, il pleut toujours!

    

    Je reprends la route...
J'ai droit à une petite accalmie question météo, il y a même une belle luminosité encourageante sur le plateau plus loin, et une toute petite mais très jolie tâche de ciel bleu au loin... cependant, cette accalmie ne dure pas longtemps du tout, bien moins longtemps que la durée nécessaire à un belge assoiffé et immigré dans les Pyrénées françaises pour écluser une pinte de bière agrémentée d'un coca... et lorsque je descend enfin vers Millau, de gros nuages très noirs en sont tout proche...
    J'avais demandé à mon GPS de me conduire au waypoint du camping Le Katalpa, mais quand t'as pas d'bol, le GPS buggue!
Il s'éteint puis refuse de s'initialiser correctement, restant bloqué sur la page de démarrage...
    Alors, après avoir fait le plein de carburant à Millau, je dégage vite la tente pour accéder à mon coffret de tournevis et pouvoir dégager le GPS de son support, enlever et remettre la batterie... il démarre et fonctionne de nouveau correctement, pile-poil avant que je ne me prenne des trombes d'eau orageuses sur la tronche... plus que 13 km à faire, je suis presque au bout!

    J'arrive sous la pluie après un gros déluge... une vraie pluie de mousson!
Ils ont trop mis l'eau à Millau, le célèbre viaduc devient Pont-à-Mousson...
Et s'il avait fait plus froid, avec ce déluge, on aurait pu sortir des luges!
Bref...

    Certains sont déjà arrivés, mais il va falloir patienter, dans l'attente d'une accalmie, pour monter la tente...
Comme souvent, il faut sortir de l'attente pour pouvoir entrer dans la tente.
Mon oncle disait la même chose, mais il parlait de ma tante, qui n'était pas une canadienne...
Ah merde... celle-là, je crois l'avoir déjà faite... mais peu m'importe!
L'attente est donc humide, mais ce n'est pas grave, et ce n'est pas mon oncle qui me contredira!

Heureusement, l'endroit est convivial, l'accueil chaleureux et le site magnifique!



    

   

        

    Petit à petit, les autres participants arrivent, et l'apéro dans le champ de camping devient plus sonore...
Retrouvailles avec certaines têtes connues, rencontre avec de nouvelles, c'est un très bon moment!
Qu'est-ce que ça fait plaisir d'être là!
Je suis bien content que j'ai viendu!
    Enfin, une accalmie se profile... je suis très satisfait de pouvoir enfin monter ma tente, y poser mes affaires, décharger, me changer...
Oui, tout comme mon oncle...

    Finalement, mon pneu arrière n'a pas souffert du voyage entre Marseille et Millau...
J'y suis allé mollo sur les gaz pour l'économiser lors des accélérations, le bitume, humide, s'est donc trouvé ne pas être abrasif, les pneus Mitas enduro EF07 semblent avoir une gomme pas trop tendre et offrent une bonne longévité.
    Je n'aurais pour ma part qu'à plier le campement le lendemain matin, mais c'est aussi le moment, pour ceux qui les ont transportées sur remorque ou en fourgon, de préparer les machines et bagages pour un départ aux aurores vers les premières pistes de l'UOR!

    

        

    

    Zou!
C'est l'heure de passer à table!
On s'est fait arroser en chemin, il nous faut donc aussi continuer d'arroser dignement ce préambule à l'Ultimate Offroad Ride!
Rigolades et tchatches, ambiance et plat chaud réchauffent!

        

Un grand merci à ceux qui ont partagé leurs photos, Keker en tête, me permettant d'illustrer un peu mieux ce récit!

VIVEMENT DEMAIN!