Balades de FleePee





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French Adventure Trail Tour 2017
Du 3 au 9 Septembre 2017...




Cinquième Jour...
(et Retour!)






        Est-ce que j'ai enfin bien dormi cette nuit?
Non!!!... et je commence franchement à fatiguer!
Cafés, pliage de tente, équipement, et je suis prêt à partir... avec cependant la vitalité que j'ai normalement en fin de journée... je suis rincé, l'esprit pas clair... si tant est qu'il soit clair en temps normal!
Le groupe des quatre PBM (Petites Bites Molles, souvenez-vous...) que nous sommes se met en branle, ce qui n'a rien à voir avec le nom que je donne au groupe, je préfère préciser car je me doute bien que certains puissent avoir l'esprit aussi tordu que le sélecteur de vitesse de Maxou...
    Aujourd'hui, il vaut mieux que je sois suiveur plutôt qu'ouvreur...
Hervé ferme la marche, lui qui aurait sa place avec les MFV (Motards à Forte Vélocité, souvenez-vous aussi...), mais sa bécane pue tellement du fion que par égard pour nous il mange gentiment notre poussière...

         

    Première bonne petite montée sur un épais tapis de caillasses, quelques minutes à peine après le départ.
Pas vraiment réveillé, les jambes flagadas, je sors de la piste, là où le tapis est bien épais... normalement, je trouve les épais tapis confortables, mais je n'ai aucune envie de m'allonger sur celui-ci...
Et merde! La journée commence bien!
    Impossible de repartir dans la pente, ma roue arrière commence à creuser la terre après avoir dégagé quinze bons centimètres de caillasse. Hervé vire les pierres derrière la roue, part repérer un single qui longe la piste: je peux manoeuvrer et passer par là... je rejoins Dudu et Kajo, avec l'impression désagréable d'être une grosse quiche...

    On poursuit, toujours dans des décors de rêve, sur des pistes plus ou moins roulantes, le tout constituant un véritable petit paradis pour tout possesseur de trail!
On se fait une première pause pour jouir (vraiment rien à voir avec les PBM!) un peu de la vue, effectuer une vidange de fluide biodégradable pour qui doit le faire, et Dode nous dépasse sans vergogne, puisqu'elle ne voulait pas venir et il l'a donc laissée chez lui...

         

         

    Calé derrière Dudu, je roule mais j'ai la tête ailleurs, je pense aux merdes qui m'attendent à mon retour, je ne suis vraiment pas à ce que je fais! Ce qui n'est jamais bon en conduisant. Arrive une large épingle en montée. Je ne vais pas vite mais je suis tout mou et surpris, je n'ai rien vu venir... j'aurais pu freiner, tourner plus, mais je quitte la piste et passe à l'extérieur de l'épingle dans un autre épais tapis de grosses pierrasses, car il n'y a que ça en déco dans le coin... j'accélère pour ne pas m'y arrêter, mais la boîte DCT est tombé en première, et sans bien doser les gaz ou doser par le frein, je me relance vivement... guidon braqué, ma roue avant s'enfonce dans les pierres, le guidon part en butée et je me vautre comme une grosse merde...
- "Putain, réveille toi!!! Tu vas finir par te faire mal!", me lance Mohamem.
- "Oh, ça va, hein! Je sais bien, mais je fais c'que j'peux, moi!", rétorque-je, énervé par moi-même et Mohamem...

    On retrouve un bout de bitume.
Plus loin, la route est barrée avant un tunnel qui doit être en travaux, une déviation est mise en place. On la prend, puis Dudu quitte la petite route de déviation pour une route à droite plus étroite encore. J'imagine qu'il veut récupérer la trace GPS que je visualise aussi. Il s'arrête alors qu'on la croise perpendiculairement, il n'y a pourtant aucun carrefour, ce qui laisse Dudu très perplexe face à son GPS...
- "Oh Dudu, la trace elle passe sous terre, oui, elle est bien là, mais en dessous de nous, dans le tunnel qui était fermé..."
- "Ah bon? Je ne l'ai pas vu, ce tunnel..."

    Tout va bien, il n'y a pas que moi qui dorme...
Comme il est hors de question de creuser la roche pour rejoindre la trace, on fait demi-tour et je me retrouve devant.

    Dudu a appris le matin par Bro7 qu'il y a sur le parcours une montée pas vraiment facile, mais qui donne sur un point de vue fabuleux... Soit... et c'est donc moi qui ouvre lorsqu'on y parvient.
Je mets un peu de gaz, balaie consciencieusement la pente avec le Traction Control en action quasiment tout du long, mais j'arrive au sommet sans m'arrêter... Ouf! Je n'avais aucune envie de m'y retrouver bloqué en pleine montée!
    Bon, forcément, avec notre rythme et les pauses, on arrive là-haut au moment où les MFV et Dode décident de repartir... mais eux, cela fait un bon moment qu'ils sont là!
Il est vrai que la vue vaut le détour, alors on prend le temps d'en profiter... je sors les quelques barres de céréales que je trimbale dans mon sac, ça va faire du bien!

                   

         



Que cette région est belle!!!

    On repart... cette pause m'a fait le plus grand bien, je me sens beaucoup mieux. Enfin!
Faut juste que je ne me vautre pas dans la descente, délicate sur ce sol, pour ne pas reperdre confiance...
(les photos rendent rarement bien l'inclinaison des pentes...)

         

    Ce que l'on croyait être une piste pentue et dont on voyait les épingles depuis notre promontoire s'avère être une route qui mène à un col. Je passe devant pour accélérer un peu, ça me permet d'être concentré. Concentré sur ma conduite, pas à suivre la trace... car moi qui avait envie de mettre un peu de gaz, c'est forcément quand j'ai dépassé le col que je me rends compte que je n'y suis plus, sur la trace...
Damned! Demi-tour...
    Personne derrière moi, personne au col...
Je fais des ronds en attendant que le reste des PBM arrive, puis m'arrête, ne voyant rien venir.
J'essaie de patienter, puis je pense qu'il soit possible que les trois autres aient déjà emprunté la piste qui part du col...
S'ils s'imaginent que je roule devant eux, alors que je me serais arrêté pour les attendre à la bifurcation de la trace, il vaut mieux que je fasse fissa pour les rejoindre; je ne me sens pas de rouler seul sur ces pistes...

    Ils doivent avoiner comme des cochons, car je n'arrive pas à les rattraper, ne vois pas de poussière soulevée, uniquement quelques légères traces de pneus sur le sol (sur le sol... forcément! Car si j'en voyais sur des troncs d'arbres, j'aurais de quoi m'inquiéter!)...
    Oh putain, les salauds! Ils filent! J'accélère et me cramponne au guidon sur ces pistes de plus un peu délicates, où il faut parfois bien baisser la tête pour ne pas se prendre de branche dans la tronche... dommage, je n'ai pas filmé la première montée qui était assez rigolote, surtout avec un petit comique comme moi au guidon...

         

    

    Revenu sur le bitume d'une petite route, je mets gaz en grand, de quoi perdre mon permis d'un seul coup, mais j'arrive malgré tous mes efforts à l'Espérou sans les avoir rattrapés... ils ne sont même pas là, d'ailleurs!
Ben merde alors!
Mais où qu'issont-ils donc?!!

    Je fais le plein à la station du coin et retourne me garer vers le petit resto où les MFV se sont posés...
Les PBM arrivent enfin...
- "T'es passé par la piste?!", dis Dudu.
- "Ben oui!", réponds-je laconiquement. (rien à voir avec une réponse conne ou en forme de cône!)
- "Même la première montée, celle qui tabassait avec les grosses pierres?!", enchaîne-t-il.
- "Ben oui...", réponds-je, toujours aussi loquace, mais c'est ce qui est cocasse...
- "On croyait que tu avais continué par la route, vu que tu disais que tu étais fatigué..."
- "Ben oui, mais non..."

    Dudu a répondu à un coup de tél de Pierrot pendant la montée vers le col, lui indiquant où ils faisaient la pause repas...
Ils me croyaient devant, alors que c'est bien sûr moi qui avait raison de les croire devant!
Bref...
    Les MFV nous abandonnent peu après notre arrivée pour nous laisser débander tranquillement, alors qu'on n'en a pas besoin: on est les PBM après tout!
On s'attable, commande, en espérant ne pas repartir barbouillés alors qu'on a profité des sanitaires pour justement se débarbouiller un peu...
    
    Et puis nous aussi on finit par repartir!
Que dire?
C'est grandiose, magique, extraordinaire...

         

    Bien sûr, ce n'est pas toujours très roulant, il y a toujours des branches qui traversent, des châtaigners pour tendre des pièges, (ouille! les bogues dans les gants!), mais j'insiste encore: c'est franchement une grande régalade permanente!

         

         

    On se retrouve sur un single plein d'épingles au milieu de la forêt, avec une bonne pente en descente...
Un truc à faire plutôt en VTT ou en enduro, surtout si on ne veut pas y serrer les fesses.
Je ne suis pas super à l'aise avec mes sacoches et les troncs tout proches.
Ouvrant la marche, je pense même m'être encore une fois trompé... mais non, c'est bien par là qu'il faut passer!
Dudu s'éjecte de sa moto dans une épingle très serrée avec un bon dénivelé, mais sans dommage (à part un crash-bar bien enfoncé...), et moi, je suis bien satisfait du plus petit rayon de braquage dont dispose ma machine...

    On rejoint les MFV au bord d'une rivière, mais on a toujours au moins une heure de retard sur eux, alors ils repartent quand on arrive pour nous laisser la place...
Un bain!
Dieu (ou diable!), que cela va faire du bien!

    Les MFV sont partis et tant pis pour eux: ils vont louper l'effet salaire!
Puisqu'il est hors de question que je roule après le bain avec mon boxer mouillé!
L'eau est fraîche, assez pour que nous devenions les TPBM (Très Petites Bites Molles), mais peu importe!
Moi qui n'ai plus de lingettes depuis hier, je vais essayer, afin de rester propre, de ne pas trop transpirer jusqu'à ce soir!



    On retrouve le bitume, une large route en descente pleine de belles courbes.
Dudu enroule tranquille, j'ouvre les gaz et le double pour m'amuser un peu plus...
Après quelques virages, je jette un oeil dans mon rétro.
Tiens, Hervé est là et a donc envie de s'amuser, lui aussi!
    Je poursuis un peu sur mon rythme, constate qu'Hervé est vraiment juste derrière moi.
C'est un gars qui peut rouler vraiment vite, et j'ai beau avoir un 1000 cm3, ben moi, je freine avant de prendre un virage... lui, pas beaucoup, et peut-être encore moins avec son 125 deux temps tout léger!
Je sais pour l'avoir déjà constaté qu'il a une vitesse de passage en courbe beaucoup plus élevée que la mienne!
    Alors je lui fais signe de passer, ce qu'il fait illico et très presto!
Les deux motards que l'on a doublés ont dû halluciner lorsqu'on les a laissés sur place...
Apparemment, il y en a un qui a voulu essayer sans succès de nous suivre, puisque Dudu est allé le chercher après qu'il ait loupé un virage...
On trouve dans une épicerie de village, après avoir fait le plein, tout ce qui est vraiment vital, c'est à dire des clopes pour moi, une bouteille de Get 27 pour Dudu...

  Et après ça, qu'est-ce qu'on a eu au menu?
Du caviar!
Des kilomètres et des kilomètres de pistes roulantes, voire très roulantes, au milieu des bois, dans les collines, où l'on s'en donne à coeur joie!
De quoi faire bander, même des TPBMRF! (Très Petites Bites Molles Rabougries et Fainéantes)

    Avec la vitesse, les rayons aveuglants du soleil déclinant qui transpercent la ramure des arbres, les nuages de poussière soulevés, il faut garder une bonne distance avec celui qui précède pour pouvoir voir les quelques pièges qui émaillent ces belles pistes, faire attention aux cunettes assez profondes, qui, de manière assez contradictoire, si tu te chies dessus, ne te laissent pas le cul net!
Et moi qui voulait illusoirement ne pas trop transpirer, c'est raté!

Ce n'est vraiment que du plaisir!

         



    Et on termine avec quoi le parcours du jour?
Une piste très très très roulante!!
Lâchez les chevaux, l'écurie est proche!
    Je m'amuse derrière Dudu, euphorique, mais je fais gaffe à ne pas trop le coller, sinon je ne vois plus rien!
Dudu fait un vif écart devant moi... je coupe les gaz et vois un renard filer ventre à terre devant ma roue...
Paniqué, lui qui voulait traverser la piste hors des clous et s'est ravisé au passage de Dudu, l'a fait entre nous deux...
Comme quoi, on a vite fait de risquer de se retrouver par terre... ça m'aurait un tout petit peu beaucoup très ennuyé...

         

    On se fait un petit stop pour attendre Kajo et Hervé.
- "Vous n'allez pas me dire que vous avez roulé à 30 km/h, là?", dit Kajo en arrivant...
- "Oooh... trente et demi!", répond Dudu.
On est marseillais ou on ne l'est pas!

    On arrive au refuge où on va bivouaquer.
Aujourd'hui, c'est un couple de hollandais en Transporter aménagé que l'on va distraire par notre présence...
J'échange quelques mots avec eux, ils sont souriants mais la barrière de la langue nous empêche de communiquer plus.

    Dix fois par jour, j'ai enlevé la poussière recouvrant mes compteurs, pour au moins pouvoir voir mon kilométrage et ma jauge, mais ça n'a pas servi pas à grand chose... la nouvelle Africa semble prendre plus de poussière à cet endroit que l'ancienne... ceci dit, de la poussière, j'en ai aujourd'hui pas mal bouffé moi aussi!

    

    Le bivouac se met en place...
Pas facile pour ce soir de trouver un coin de sol plat...
Je ne demande pas grand chose, mais il me faut au minimum un peu moins de deux mètres sur un pour pouvoir m'allonger tranquille, après, je me moque que mes bagages ne soient pas stockés à plat.
Je trouve mon bonheur sous un arbre, légèrement en contrebas des autres tentes...
Et quelle vue j'ai!



    

        C'est l'heure de passer à table, même pour le loir!
Le loir attend, tique, mais finit par accepter nos bouts de pain, parce que les grillades... bof bof...

    

        Et puis après...
Ben après, ça fait au moins trente ans que je n'ai pas goûté au Get 27, après le rouge, ça fait tout de même bizarre...
Je laisse mon fond de (deuxième) godet à Pti-Ju, paskil faut bien le réveiller: il pique du nez sur la table.
Et puis dodo, je suis aussi cuit que les grillades du soir!

    Je passe ma meilleure nuit depuis le début de cette F.A.T.T., j'ai dormi comme un loir, par mimétisme.
Alors oui, je me suis réveillé dans la nuit, mais pour changer je me suis vite rendormi. Je vais cependant plus mettre ça sur le compte de la fatigue accumulée sur ces cinq jours que sur l'effet magique du Get 27 ou du mimétisme!
    Au petit matin, j'entends de drôles de petits bruits sur ma toile, ça sent l'humidité qui tombe...
J'entrouvre ma tente: gagné!
Le ciel est bien chargé, la vue bien bouchée, mais pour le moment il ne pleut pas, l'ambiance est cependant à l'humidité...

    

    Cafés, et puis je plie vite ma tente avant qu'elle ne soit trop mouillée alors que les premières gouttes de pluie tombent...
Sous l'arbre, je suis un peu à l'abri. J'amène mes affaires dans le refuge et m'équipe pour prendre la route. Jo est déjà parti, Dudu, Hervé, Fabtone et moi allons descendre sur Nîmes récupérer l'autoroute alors que les autres filent chez Bro7, leur point de départ. Ils ont plus de route que nous à faire et démarrent leur retour sous une pluie battante...
Bon courage!

    

    On décolle trente minutes plus tard, sous une pluie plus légère, mais quand même, ça tombe bien!
Dudu roule sur des oeufs, j'ôte mon masque plein de buée... on se fait un stop carburant à Nîmes et se dit au revoir avant de prendre l'autoroute.
    Fabtone file vers l'ouest, Dudu et Hervé vont rouler ensemble à 110, et j'enquille l'autoroute mortelle d'ennui, seul sous un ciel de nuages noirs, en réussissant toutefois à passer entre les gouttes jusqu'à mon box...
Ouf! Ce n'était pas gagné d'avance!

    Je jette directement en arrivant toutes mes affaires dans le lave-linge, puis me jette moi-même sous la douche avec Délice et Volupté, mes deux copines coquines... les PBM, c'est fini, vive la GBD! (je vous laisse deviner ce que cela signifie...)

    Le lendemain, c'est au tour de l'Africa de passer au lavage...
Je la regarde pendant qu'elle sèche...
Après 1600 bornes à peine, le pneu arrière fait un peu la gueule, mais je ne peux pas lui en vouloir!
J'avais pris des Continental TKC80, moins bruyants que les Pirelli MT21 qui sont une plaie sur le bitume même si meilleurs en tout-terrain, je m'attendais aussi à ce qu'ils aient une meilleure longévité, mais avec ce qu'on leur a mis sur les terrains où on a roulé, il est un peu normal que le pneu arrière soit légèrement usé...

    

Merci à toi, Bro7, d'avoir concocté avec brio ces cinq jours de pur bonheur!
Merci à Dode et François d'avoir transporté les bagages et assuré l'intendance,
c'était vraiment royal de pouvoir compter sur vous!
Merci à tous pour votre bonne humeur,
Merci à tous pour vos aides précieuses quand il y avait besoin!
Et merci pour les grillades, ça me désole, mais je suis vraiment une grosse quiche dès qu'il s'agit de faire à bouffer!
Merci d'avoir partagé vos images, j'en ai utilisé pas mal dans ce compte rendu...








C'est quand que je repars où?!!
F.A.T.T.: French Adventure Trail Tour...
 
    
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