Balades de FleePee




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Vers le Verdon!
 (Juin 2021)

    Les beaux jours sont arrivés...
Une grosse envie de balade avec le XR, avec bivouac au programme, me prend aux tripes depuis un bon moment...
Dudu, déçu de n'avoir pu m'aider à démonter le bras oscillant pour en graisser les roulements, m'avait en (presque) deux temps trois mouvements fabriqué des écarteurs de sacoches, avec du fer à béton de son stock.
Il mesure, découpe, plie, soude, meule, et hop!!
Je n'ai pas eu depuis l'occasion de tester son bricolage, que je fixe avec des colliers en inox au porte-bagage...

       

    J'ai repris mes vieux protèges-mains fêlés pour les renforcer avec une barre d'aluminium de 2mm d'épaisseur... ce qui n'est pas très épais, mais c'est ce que je peux manipuler facilement avec l'outillage dont je dispose...
J'ai aussi pu installer, grâce à Tutuf du forum XR400, de vraies pattes de fixation pour le réservoir de 22 litres... bon, cela demanderait un meilleur ajustement: les vis du té de fourche viennent frotter contre le bidon en plastique lorsque la direction vient en butée...

       

   


L'important est que je suis paré pour une virée!



    Moto chargée avec le matos de bivouac, de quoi manger, me changer le soir.
Je ne vais camper qu'une nuit, pas la peine d'emporter trop de fringues, le strict minimum suffira...
Je rejoins le versant sud de la Sainte-victoire, et tombe sur une piste ouverte... trop envie d'y jeter mes crampons, de me faire un peu secouer pour vérifier que mon chargement tienne bien avant de poursuivre plus avant.
J'adore ce coin... une fois arrivé au bout de la piste, je fais demi-tour et me pose pour constater que mes sacoches tiennent bien, c'est parfait!



    Dès que je le peux, c'est-à-dire juste après, je commence à arpenter et explorer les pistes...
Je me régale! Le temps est magnifique, tout comme les paysages que je traverse, il fait chaud...
Je fais parfois demi-tour en arrivant dans un cul-de-sac, mais peu m'importe, je n'ai aucun impératif, mis à part celui de me faire plaisir, et j'ai la banane!
J'en ai même trois... celle que j'arbore, et deux dans le sac.
Je finis par arriver sur le plateau de Valensole... au loin, le Verdon se dessine...

       

    

    J'avais envie, quelques années après l'avoir fait une première fois, de rouler à Poil... d'accord, il fait chaud, mais surtout parce que ma foi, ce petit hameau quasiment abandonné est fort joli et situé dans un site magnifique... non, je n'ai pas fait de photos de moi à Poil, mais voici quelques images du lieu...

       


    Je dépasse Poil en coupant...
Je voulais bivouaquer au bord d'un ruisseau en contrebas, mais j'ai croisé quelques randonneurs pêcheurs en chemin, et un petit camping-car est stationné près du gué... bof... j'ai envie d'être seul au monde ce soir...
Je traverse donc le gué et poursuis au long de cette piste magique.
    J'arrive à une croisée de chemins sur un plateau idéal pour y planter la tente, y trouve deux enduros avec leur pilote en train de se faire une pause, confortablement installés dans l'herbe verte. Je les contourne en les saluant, et ce faisant, repère leurs plaques d'immatriculation teutonnes.
J'enlève mon casque et m'approche avec un joli gutten Tag... je vois bien qu'ils ne transportent aucun bagage, mais leur demande tout de même s'ils ont l'intention de dormir là... on discutera une bonne heure, en anglais of course, et ils me donnent tout un tas de préconisations sur les belles pistes à faire dans le coin... vraiment très sympa!
L'un d'eux a même eu un XR400 dans le temps, c'est dire si c'est un mec bien, mais se dit trop vieux désormais pour s'échiner à démarrer en kickant...



    Ils finissent par partir, et moi par me mettre complètement à l'aise en me débarrassant de toute mon armure en les entendant s'éloigner dans les collines...
Il est plus de 17h quand je me décide enfin à manger, après avoir étendu au soleil mes affaires pour en sécher la sueur.
Je me pose sur un rocher face à un panorama grandiose comme je les aime, avec comme unique son celui de la symphonie des oiseaux et insectes dont je squatte pour un instant le territoire...
Une salade en boîte plus tard, je monte la tente, puis capture le grillon le plus proche de mon emplacement du soir pour aller le relâcher plus loin...

       

    J'ai des pistaches, je me serai bien bu une petite bière... mais ce sera jus d'orange!
Je suis là, à profiter de l'endroit, bien peinard, lorsqu'un son de diesel mêlé au bruit de caillasses écrasés par des pneus se fait entendre... un couple en 4x4 équipé d'une tente de toit apparaît et stationne à 30 mètres de moi... vitres fermées, la clim certainement en action...
    Ils hésitent... changent de position, stationnent moteur allumé. Le vent porte à mes narines les douces effluves des gaz d'échappement. L'homme finit pas se décider à venir me demander si ça me dérangerait s'ils passaient la nuit ici... il est tout aussi libre que moi de profiter de l'endroit, mais je ne peux m'empêcher de lui répondre avec un grand sourire que je ne vais pas lui dire que oui, ça me dérange... et il comprend donc très bien que ça me fait un peu chier... alors qu'en réalité, j'ai simplement envie de pouvoir péter comme je le souhaite, c'est-à-dire que cela peut être bruyamment et sans aucune retenue, pouvoir péter sans que personne ne s'en offusque... et puis aussi, je n'ai vraiment pas envie d'entendre péter quelqu'un d'autre que moi!
    Leur moteur tourne depuis un bon moment puisque le couple tergiverse sans fin, qu'ils ont chaud et ont besoin de la clim, lorsque deux autres 4x4 s'arrêtent, équipés eux aussi de tente de toit...
Euuuuh... là, ça commence à devenir un petit peu chiant par rapport à mon envie de seul-au-mondisme!
Leurs occupants partent explorer le coin à pied, remontent dans leurs véhicules, repartent... puis reviennent, repartent et reviennent...
Et finalement, tous se barrent!
Ouf! ça a duré une heure, cette histoire...
J'ai ensuite droit à la visite d'un groupe d'une dizaine d'enduros deux temps...
On échange quelques mots et ils repartent aussi vite qu'ils sont arrivés, c'est à dire plein gaz!

    Mais l'heure des visites est terminée, je ne verrai plus personne ensuite!
Je me rends compte que j'aurais peut-être pu récupérer une bière auprès des campeurs et des glacières de leurs jolis 4x4... on ne peut pas tout avoir!
Il y a toujours pas mal de vent, et autant tout à l'heure c'était bienvenu en plein soleil, autant maintenant, au fur et à mesure que le soleil descend, j'ai carrément froid!
Cela fait une heure que je grelotte en pantacourt et sandales, avec le tour de cou et ma veste enfilés, lorsque je monte un peu dans le relief histoire de profiter des derniers rayon du soleil, qui ne réchauffent que ma vue... il est 20h50...



    La nuit est longue...
J'ai froid, je n'arrête pas de me réveiller... à vouloir voyager léger, je n'ai rien pris de chaud pour me couvrir...
Et puis, une des multiples fois où j'ouvre les yeux, je constate que la luminosité a changé... il doit être 5h30...
J'enfile ma veste, me prépare un premier café... alors que j'en bois un deuxième, je finis par me couvrir de mon sac de couchage pour arrêter de grelotter de froid... l'ambiance est fraîche et humide, aux environs des 6° max, c'est en tout cas ce que me dit mon téléphone qui sait tout... j'adore cependant le spectacle des reliefs en face de moi qui se colorent petit à petit...

    



    Peu avant 7h, le soleil passe enfin au-dessus de la crête!
Je peux poser le sac de couchage, me réchauffer petit à petit avant de commencer à plier le camp!
Je prends un peu mon temps histoire de ne pas me geler en roulant, et une fois fait, je repars sur les pistes, toujours avec autant de bonheur; je m'en prends plein les yeux et un peu plein les bras!
Je monte rapidement très haut en température, et au bout de 30 minutes, je me force à faire une pause pour enlever le maillot enduro superflu, le tour de cou qui m'étouffe, ouvrir les aérations de ma veste...

       

    J'enchaîne les pistes en improvisant, donc je fais parfois demi-tour, et je m'en moque toujours autant!
Je finis par repasser près de mon lieu de bivouac et poursuis en explorant le coin dont m'avait parlé hier l'allemand sympa... il avait parlé d'une jolie mare... je ne pensais pas la trouver, et puis au détour d'un virage, je tombe dessus et la reconnaît... c'était un endroit où on avait cassé la croûte... découvert il y a 8 ans, lors d'une virée en groupe, chevauchant mon Africa 750 chaussée de pneus routiers, ce qui n'avait pas été top...
Petit instant nostalgique!
Aujourd'hui, j'y arrive seul, mais je me fais tout de même une pause à l'écart des deux camping-cars qui ont élu domicile dans ce petit coin bien paisible...



    Je repars, allant toujours où l'envie me mène!



    Après encore un demi-tour dû à un cul-de-sac, alors que j'ai rejoint une toute petite route, je vois une piste sur ma gauche qui m'a l'air bien sympa... effectivement, elle l'est, et demande un peu plus de vigilance que les larges pistes roulantes que je viens de prendre pendant pas mal de kilomètres...
Petite pause photo, parce que c'est mignon tout plein!



    Je repars, mais pas pour très longtemps...
Moins de deux minutes plus tard, alors que la piste se met à grimper un peu plus, je suis en seconde et donne des coups de gaz pour passer quelques grosses pierres... l'une d'elles m'envoie sur le côté droit de la piste en faisant décoller ma roue avant; j'ai tout le poids de mon chargement à l'arrière et ça monte un peu...
Lorsque la roue avant touche le sol, j'ai la direction braquée à gauche parce qu'il y a un joli dévers à droite dans lequel il ne vaut mieux pas que j'aille... le pneu ripe sur la couche de caillasse, la moto part instantanément au sol et, sur sa lancée sort de la piste...
Je ne suis pas tombé, mais ce fut juste et acrobatique!



    Bon...
Si j'essaie de redresser la bécane, je ne pourrais pas la retenir de glisser dans le tapis de caillasse et la bonne pente du dévers... il fait chaud, j'enlève avant toute chose mon casque... en la traînant par la roue avant, puis l'arrière, et ce à plusieurs reprises, je parviens enfin à la béquiller sur la piste...
Bravo Dudu, ton écarteur de sacoche en fer à béton n'a pas bronché!
Heureusement que je n'allais pas plus vite, parce que sinon la moto aurait glissé bien plus bas et c'eut été une autre paire de manches que de me sortir de cette mésaventure!
Le protège-main a été un peu arraché, son renfort alu tout neuf un peu tordu, mais je remets tout ça en place en 5 minutes.



    Bon...
Pas trop perdu de temps, même pas mal, mais très très chaud et bien soif ... et mon Camelbak est tout léger...
j'arrive à La Palud sur Verdon à 12h15... je me pose à l'ombre d'une terrasse, le sucre d'un cola bien frais fait du bien, et j'observe le ballet des bécanes qui viennent de se faire la route des gorges entre Moustiers et La Palud...



    Je prends ensuite moi-même cette route pour rejoindre Valensole, puis Vinon sur Verdon par les pistes... ça faisait un bail que je ne l'avais pas fait, et c'est vrai que le coin est de toute beauté!
Et à l'heure du repas, il n'y a pas grand monde qui y circule!
Topissime!

       

    Aux environs de 14h30, sur une piste entre Valensole et Vinon, je me décide à faire une ultime pause à l'ombre pour enfin manger... je commence à fatiguer après petite ma nuit pas très réparatrice!



    Après avoir nourri les fourmis, j'arrive à Vinon pour faire un dernier plein avant de rejoindre la jungle marseillaise...
Dediou! Ce bol d'air était vraiment bon!

    Je voulais tester cette machine, chargée avec le matos de bivouac et ses écarteurs de sacoches...
Tout ça est validé et c'est tant mieux, parce j'ai envie, comme chaque année de participer à l'Ultimate Offroad Ride, qui part pour la deuxième fois consécutive de Barcelona pour rallier Barcelonnette... une belle aventure en perspective, et quand on a goûté à l'Ultimate Offroad Ride, on en redemande!
    Je valide le montage, il me faudra juste réfléchir à comment embarquer quelques outils supplémentaires, des chambres à air et quelques fringues... j'ai deux mois et demi pour y réfléchir...